Quand ce n'est plus possible, il existe un autre possible

Depuis le début de l’an 2000, nous vivons dans un monde en constante reconfiguration avec l’injonction permanente de devoir s’y adapter. Nos existences peuvent s’en trouver fragilisées. Pour y échapper, nous pouvons chercher à retrouver ce qui importe vraiment pour nous, à travers un mode d’existence plus proche de la nature, de la création, de la solidarité, etc.

Être soi

« Reprendre le contrôle sur ce qui m’importe vraiment, se souvenir que « je suis pluriel » et pas un simple petit soldat clivé me paraît une saine posture », explique le philosophe Pascal Chabot(1) dans un entretien à Télérama (n°3558). Ce dernier distingue le « moi » du « soi ». Le moi est la part de notre être qui s’adapte, c’est-à-dire qui comprend les codes, s’y conforme, suit les procédures, les rituels de communication, etc.. « Il y a de la grandeur à bien fonctionner dans la société, rappelle Pascal Chabot, mais l’erreur tragique est de réduire l’individu à ce seul moi. Et d’oublier le « soi ». » Le « soi » correspond à nos qualités propres, celles qui font que nous sommes nous et pas quelqu’un d’autre. »  Le « soi » est toujours relié à l’autre et c’est quand il est « hors-de-soi », dans l’amitié, ou l’amour, après avoir défini ce qui lui importe vraiment et dépend de lui, qu’il est le plus épanoui.

« Nous sommes ce que nous faisons de notre vie », Jean-Paul Sartre.

Je n’ai pas fait beaucoup de philosophie mais il me semble que nous ne sommes pas loin des existentialistes : ils définissaient en effet l’existence à partir de la liberté qu’a chacun d’entre nous d’être le créateur de sa propre vie. Pour Albert Camus, l’existence est absurde mais elle mérite d’être vécue. À l’inverse de Sartre, pour qui il y a du sens dans tout ce que nous faisons, même si aucun Dieu n’est là pour fixer la direction. Pour les existentialismes, se sentir libre et heureux n’est pas un tout ; il faut aussi sortir de soi et transformer le monde pour le rendre meilleur.

Autre chose

C’est dans cette volonté de se réinventer et de revenir à l’essentiel que se retrouvent les différentes personnalités de ce blog. Souvent inconscient au départ, ce désir de risquer sa vie actuelle morne et absurde contre une inconnue aux excitantes promesses est toujours productrice d’un autre quotidien, dans l’échec comme dans la réussite. En témoignent ces femmes et ces hommes que j’ai rencontrés et continue à rencontrer. Ils ont osé s’aventurer sur des terres inconnues pour vivre leur passion ou simplement adopter un rythme de travail en harmonie avec leur vie personnelle. Inspirons-nous.

Géraldine Dao

 

  • Exister, résister. Ce qui dépend de nous, de Pascal Chabot, éd.PUF.